Interview avec M Frédéric ROUSSET, président du CEVIF - Collectif pour l'élimination des violences intrafamiliales
1 : Présentez-vous et votre organisation!
Frédéric ROUSSET, Président du CEVIF - Collectif pour l'élimination des violences intrafamiliales
Bénévole, je préside le Collectif pour l'Élimination des Violences Intra Familiales (CEVIF) depuis un an. L’objectif de cette association fondée en 2008 est de développer et de prôner la notion du "bien vivre ensemble", d’encourager les membres du groupe familial à opter résolument pour des relations harmonieuses et d’accompagner à la parentalité. Avec nos équipes composées d’animatrices de prévention, de travailleuses sociales, de gestionnaires de parcours et d’une psychologue clinicienne, nous concentrons nos actions sur l’ensemble du territoire réunionnais en privilégiant le travail en réseau. Nous nous adressons aussi bien aux enfants qu’aux adultes sur les deux volets de prévention: primaire, destinée à éviter l'apparition des violences et secondaire, destinée à éviter l'aggravation des faits actuels.
2 : Dans quel cadre avez-vous pris connaissance du programme “Respirations”?
Le CEVIF qui souhaite apporter son expérience et ses compétences à l’élaboration d’une politique familiale, sociale, éducative, volontariste, c’est-à-dire qui prenne en compte la personne humaine dans sa globalité, a intégré la Fédération des Acteur.trice.s de la Solidarité Océan Indien (FAS OI). C’est au contact permanent de cette fédération qui met en synergie les projets, les initiatives dans le cadre d’une démarche de réussite individuelle et de cohésion sociale, que nous avons eu connaissance de ce programme.
3 : Qu’est-ce qui vous a motivé à participer au programme “Respirations” en tant que partenaire et sous quelle forme ?
Suite au confinement, la perte de revenus de nombreux ménages a freiné considérablement les départs en vacances et l’accès à des activités. Le programme « Respirations » qui défend l'accès aux pratiques culturelles, qu’elles soient artistiques ou scientifiques, des enfants et des jeunes les plus vulnérables comme un outil de citoyenneté et d'émancipation s’inscrit également dans la ligne de notre engagement à recréer le lien social mis à mal par la pandémie, et compte au nombre de nos réponses pour traiter le choc traumatique auquel la population a dû faire face.
4 : Comment est-ce que des actions en partenariat avec “Respirations” et dans l’accompagnement des publics enfants et jeunes en situation de précarité répondent aux objectifs de votre structure ?
Les pratiques culturelles et d’éducation populaire peuvent constituer une perspective positive pour de nombreuses familles, marquées par cette période sur le plan psychologique. Par ailleurs, les vacances peuvent aussi être l’occasion de renouer avec l’éducation, la culture, la rencontre avec l’extérieur et les autres dont les enfants et les jeunes ont été coupé.e.s pendant de longues semaines.
Développer le champ des possibles en dotant d’instruments et de moyens d’expression nos bénéficiaires est une façon de lutter contre les violences et de les prévenir car, comme les qualifie Liliane DALIGAND, professeure émérite de médecine légale et de droit de la santé à l'université Lyon I, les auteur.e.s de violence sont bien souvent « des infirmes de la parole ».
5 : Recommanderiez-vous l’adhésion au programme “Respirations” en tant que partenaires à d’autres professionnels de votre secteur ?
Je recommande l’adhésion à ce programme qui foisonne de propositions et de pistes d’actions. La crise sanitaire est venue « fourrager » le lien social jusqu’à le distendre, voire le rompre ; il nous appartient de le rétablir en prenant soin de soi et des autres dans la sphère du collectif et l’oxygène de nos solidarités!
Le Programme Respirations défend l’accès aux pratiques culturelles, artistiques ou scientifiques, des enfants et des jeunes les plus vulnérables comme un outil de citoyenneté et d’émancipation.
Au niveau national, le programme « Respirations » est né de la rencontre de 3 réseaux: Cultures du Cœur, Les Petits Débrouillards et la Fédération des acteurs de la solidarité, et expérimenté dans 6 régions pilotes, dont la Réunion.
A la Réunion, le Programme Respirations est porté au niveau régional par Les Petits Débrouillards de la Réunion et la Fédération des Acteurs de la Solidarité Océan Indien (FAS-OI).